samedi 18 juin 2022

Rebelle du désert

  

Amani veut quitter sa ville, Dustwalk, qui se trouve dans le désert du Miraji, pour découvrir le reste du monde.

Sa rencontre avec Jin, un jeune homme recherché pour trahison, leur permet de fuir la ville et de traverser le désert où vivent des monstres surnaturels.

Bientôt, Amani découvre le véritable rôle de Jin dans la guerre contre le Sultan et son fils.

Cette guerre va les rattraper…

Pour vous donner une raison agréable d'avoir si chaud, je vous propose de voyager dans le désert du Miraji.

L'auteure, Alwyn Hamilton, a une plume fluide, imagée, intelligente et teintée d'humour… 

Par contre, comme souvent, avec les traductions d'auteurs anglophones, une portion du talent originel se perd en traversant les mers.

Voyez plutôt…

Version française actuelle :

On dit que ceux qui traînent dans Deadshot après la tombée de la nuit préparent un mauvais coup. Je ne préparais pas de mauvais coup. Mais je ne préparais rien de bon non plus.

Je glissai de la selle de Blue puis attachai la jument à un poteau derrière un bar. Un gamin appuyé contre la clôture me lança un regard suspicieux. En sortant de la cour, j’enfonçai mon chapeau à larges bords. Je l’avais volé à mon oncle, ainsi que la jument. Enfin, disons plutôt empruntés. De toute façon, selon la loi, tout ce que je possédais appartenait à mon oncle, jusqu’aux vêtements que je portais.

Les portes du bar s’ouvrirent brusquement, laissant s’échapper de la lumière, du bruit et un type obèse et ivre qui enlaçait une jolie fille…

Les interprétations linguistiques sont affaire de goûts et couleurs, mais l'altération de l'image que l'auteur avait à l'esprit ou la suppression pure et simple de mots et de phrases me font l'effet d'un massacre à la tronçonneuse.

Je vous propose cette version alternative, traduite dans un autre univers :

On raconte que les seules personnes qui traînent dans Deadshot après la tombée de la nuit sont celles qui préparent un mauvais coup. Je ne préparais pas de mauvais coup. Mais je ne préparais rien de bon non plus.

Je glissai de la selle de Blue et l'attachai à un poteau derrière un bar appelé le Dusty Mouth. Le gamin appuyé contre la clôture me jaugea d'un air suspicieux. Ou peut-être était-ce juste ses deux yeux noirs. En sortant de la cour, j’abaissai le large rebord de mon chapeau. J'avais volé le chapeau à mon oncle, tout comme le cheval. Enfin, disons plutôt emprunté. De toute façon, selon la loi, tout ce que je possédais appartenait à mon oncle, jusqu’aux vêtements que j'avais sur le dos.

Les portes du bar s’ouvrirent brusquement, déversant de la lumière, du bruit et un ivrogne obèse qui enlaçait une jolie fille…

Mais qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse, comme chantait le poète Alfred de Musset, dans La Coupe et les Lèvres, aimer est le grand point, qu'importe la maîtresse

Et j'ai aimé ce roman.

lundi 14 février 2022

L'Amour interdit


Trois anges descendent du Ciel pour maintenir la paix dans un monde peu à peu rongé par les Forces du Mal.

D'abord il y a Gabriel, le guerrier, puis Ivy, la guérisseuse, enfin Bethany, la plus jeune et aussi la plus humaine.

Sous l'allure d'adolescents, les trois anges intègrent incognito le lycée de Venus Grove, un endroit en apparence tranquille…

La fratrie a des consignes claires : ne pas dévoiler ses pouvoirs et surtout ne pas s'attacher aux humains…

Mais personne ne pouvait prévoir que la rencontre entre Bethany et Xavier, un simple mortel, ferait des étincelles. C'est l'alchimie irrésistible. L'attirance interdite.

Alors que les Ténèbres se rapprochent, l'ange Bethany doit choisir : l'avenir du monde ou l'amour avec un grand A ? 

Vous cherchez une belle histoire d'amour pour la Saint-Valentin ? Vous êtes un(e) vrai(e) romantique ? Vous vous demandez comment un ange verrait notre monde actuel ? Ou même l'impression que ça ferait, d'avoir un rencard avec un ange ? 

Je vous conseille "L'Amour interdit" d'Alexandra Adornetto. 

Une petite mise en garde, cependant… 

Adeptes de Lucifer et des méchants qui passent pour des "gentils", amoureux de la propagande sataniste made in Hollywood, cette trilogie n'est pas pour vous. 

Dans "L'Amour interdit", l'auteure appelle un chat un chat et un ange… un ange. Le bien, c'est bien, et le mal, c'est mal. Point à la ligne, fin de l'histoire, enfin, pas tout à fait, car la subtilité de l'intrigue se situe plutôt dans la psychologie des personnages et les dilemmes auxquels ils font face. 

Mais ici, pas de "oui, c'est le diable, mais il est drôlement sympa, alors que les anges sont des ripoux", une inversion des valeurs rabâchée, on se demande bien pourquoi, dans Lucifer, Supernatural ou Personal Demons

Cette approche classique d'Alexandra Adornetto a été boudée par les lecteurs qui préfèrent les ténèbres et le soufre et veulent se la jouer I'm bad

Personnellement, j'ai adoré "L'Amour interdit", une œuvre au style fluide, avec des personnages attachants, portée par un récit haletant où s'affrontent les forces du (vrai) bien et du (vrai) mal. 

Tant qu'à faire, pour la Saint-Valentin, fête-vous du bien, pas du mal.